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Portrait : Le père des Trophées "Grock" fou de cirque, comme un enfant

L'actrice Charlotte Rampling porte au doigt l'une des ses bagues. Sur les bureaux des "grands" de ce monde, de Clinton à Poutine, du roi du Maroc à Madonna, de l'Elysée au palais du sultan de Brunei,  trônent ses stylos plume personnalisés et sculptés. Et les lauréats du Festival International de Cirque de Tours repartent avec un Trophée "Grock" oeuvre de l'artiste Michel Audiard.

Michel Audiard ne fait pas de cinéma. Tourangeau d'adoption, créateur et sculpteur, il ne cache pas un faible pour les arts de la piste. Parlez-lui Cirque, et son regard s'illumine sous son abondante chevelure frisée : "Ce qui est grave, c'est que les clowns continuent de me faire rire, à 57 ans " !

Cet ancien des Beaux-Arts de Paris aurait pu se laisser happer par le monde de la piste : "Les cirques m'ont toujours fasciné, les grands comme les petits. A  25 ans j'ai décidé d'arrêter d'aller les voir, car j'avais peur de les suivre." Heureusement, il est revenu sur sa décision, quelques années plus tard. Et l'an passé, quand Denis Schwok et les frères Georget l'ont sollicité pour créer le Trophée du Festival de Tours, il n'a pas hésité un seul instant. "Je me suis laissé embarquer dans cette histoire."

Pablo et Vicky Garcia et la famille Errani avec leurs trophées Grock à l'issue du Festival de Tours 2008

La magie d'un art de l'instant

Michel Audiard a proposé d'associer au Trophée une figure légendaire de l'univers du cirque, le célèbre clown Grock. Qui plus est, Suisse comme Denis Schwok ! "M'inspirant de différentes photos et images de ce clown merveilleux, mondialement connu, j'ai redessiné mon Grock à moi. A partir de mon dessin, j'ai réalisé, en acier découpé au laser, le Trophée du Festival de Tours. Les vides composent  le visage de Grock." Une création très réussie et appréciée.

Pour le sculpteur, c'est comme un retour aux sources, une plongée dans son enfance parisienne, bercée par les spectacles du Cirque d'Hiver et les récits  d'un trapéziste ami de son père. Le Cirque fut plus tard une source d'inspiration pour le jeune peintre et sculpteur Michel Audiard : "Sur la piste,  les animaux se trouvent dans des positions en mouvement."

Lui qui pratique un "art durable" ne cache pas son admiration pour un art éphémère : "La magie du Cirque vient aussi du fait qu'il s'agit d'un art de l'instant. Le spectateur sort du chapiteau avec dans la tête, sa propre vision de ce qu'il vient d'admirer."

Le sculpteur trouve quand même une similitude entre son art et le cirque : "Quand je démonte l'une de mes expositions, j'ai l'impression de démonter mon chapiteau, mon cirque." Depuis un quart de siècle, Michel Audiard nourrit un projet pharaonique, une sculpture monumentale de 35 mètres de longueur, atteignant 15 mères sur sa plus grande hauteur. Elle prendra la forme d'une femme alanguie, nue, dominant le site de Marmoutier à Tours. "Une sculpture devient femme, et inversement."

Grâce au concours de mécènes et de la ville de Tours, en coopération avec l'architecte et ingénieur Robert Mander, ainsi que la participation des élèves-ingénieurs de Polytech' Tours, il pense lancer prochainement ce vaste chantier de "La Femme Loire" pour une inauguration en 2011. Ce sera un peu le grand chapiteau de Michel Audiard, sculpteur inspiré qui a conservé son âme d'enfant. Peut-être grâce à sa passion pour le Cirque... (c) JY.Hureau

Cette année encore, les trophées du Festival International de Tours qui se tiendra du 27 au 29 novembre seront signés Michel Audiard.

 Site Internet : www.audiard.com

Texte : (c) JY.Hureau - Reproduction Interdite - 07/05/09

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